Dassault : un univers impitoyable

Dassault : un univers impitoyable

Complément d’enquête du 03 mars 2016

Dassault : un univers impitoyable

Retour gagnant pour le groupe Dassault Aviation, qui vient de boucler une excellente année. Les ventes de ses Rafale s’envolent à l’export, le chiffre d’affaires 2015 aussi : + 13,5% par rapport à 2014. « Complément d’enquête » rediffuse le 3 mars un document retraçant un siècle d’union sacrée et d’intérêts partagés avec le pouvoir français.

Dans la famille Dassault, il y a d’abord Marcel. Le patriarche. Le fondateur. L’histoire industrielle de Dassault commence en 1914 avec Marcel Bloch, qui se lance dans la construction d’avions. Il deviendra Marcel Dassault en 1949, un hommage au nom de code de résistant de son frère. Déporté pendant la Seconde Guerre mondiale, il repart à zéro pour reprendre son activité. Tout au long de son histoire, Dassault a entretenu des relations avec les hommes politiques. Marcel Dassault a toujours été proche des dirigeants français. En 1981, François Mitterrand renonce d’ailleurs à la nationalisation totale de l’entreprise.

Et il puis y a Serge, le fils prodigue. En 1951, Serge Dassault devient directeur des essais en vol. Il s’occupe de ceux des Super-Mystère, Etendard, Mirage… Il a l’idée de créer au sein du groupe un département spécialisé en électronique intégrée, qui deviendra la société Electronique Serge Dassault. La politique le titille aussi, et il devient en 1995 maire de Corbeil-Essonnes. Sa réélection en 2008 serait entachée par une mise en examen pour achat présumé de votes dans sa circonscription. Deux ans après la disparition du patriarche Marcel, en 1986, Jacques Chirac, alors Premier ministre, annonce officiellement le lancement du programme Rafale, un avion de combat susceptible de remplacer les appareils de l’armée de l’air et ceux de l’aéronavale.

Dans la famille Dassault, les successions n’ont jamais coulé de source

A la mort du fondateur, en 1986, Serge Dassault a dû batailler avec les dirigeants historiques du groupe pour prendre les rênes de l’entreprise. Et l’héritier a été contraint de composer avec un cadeau empoisonné : le Rafale. Contre toute attente, pendant plusieurs années, ce fleuron de l’aviation militaire ne s’exporte pas. Mais en 2015, c’est le retour gagnant. L’Egypte, l’Inde et le Qatar ont commandé au total 84 avions. Mais c’est l’aviation civile qui a sauvé l’entreprise. Le succès du jet d’affaires Falcon a permis de la remettre à flot. Et le groupe est une holding de sociétés. En 2006, Dassault devient l’unique propriétaire de la Socpresse, maison mère du Figaro. Serge Dassault a plus que doublé la fortune familiale en vingt ans.

Mais chez les Dassault, c’est un peu « Dallas » à la française. Et la bataille pour la succession est bel et bien ouverte. Olivier, le fils aîné de Serge, ne cesse de répéter qu’il est candidat. Amandine Chambelland et Vincent Buchy dressent le portrait d’une famille richissime et mal aimée. De Serge Dassault à ses fils Laurent et Olivier, « Complément d’enquête » a réuni tous les étonnants témoins de cette saga.

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Dassault : un univers impitoyable un reportage de Complément d’enquête (France 2)

 

 

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