Migrants : le business de la honte

Migrants : le business de la honte

Un reportage du 05 juin 2016

Migrants : le business de la honte

L’Europe connait aujourd’hui le plus important mouvement migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Et le phénomène s’intensifie : 274 000 migrants sont entrés en Europe en 2014, plus d’1 million en 2015. Et on en attend 2 millions en 2016. La plupart fuient la guerre en Syrie, en Irak ou en Afghanistan. D’autres ont quitté leur pays pour des raisons économiques.

Derrière cet exode se cache l’un des business les plus rentables et les plus honteux de l’époque : celui de l’immigration. Ce business, qui rapporterait aujourd’hui plus que l’argent de la drogue, est contrôlé principalement par les mafias du monde entier. Chacune de ses organisations criminelles a sa spécialité : la vente de faux gilets de sauvetage, les traversées à bord d’embarcations de fortune, la traite d’êtres humains, le kidnapping, le trafic de faux passeports, le passage clandestin aux frontières, etc. Nous avons rencontré Mohammed, un « gros bonnet » qui exerce son activité illégale de passeur et de faussaire en Turquie.

Les faux papiers, qui rapportent beaucoup d’argent aux mafias, représentent aussi un danger pour la sécurité des pays. Car les djihadistes peuvent s’infiltrer parmi les flots de migrants. Deux des terroristes du 13 novembre possédaient des passeports syriens. Selon des sources policières internationales, 500 djihadistes auraient utilisé les flux migratoires pour rentrer en Europe.

Sur les chemins de l’Europe, la route est semée d’embuches. Pour beaucoup, il faut passer les frontières clandestinement, se faire rançonner, affronter la faim et le froid, payer des passeurs sans garantie et éviter de se faire kidnapper, notamment entre la Macédoine et la Serbie. Là-bas, les mafias locales ont une spécialité : capturer des migrants, les retenir en otage et les torturer jusqu’au versement d’une forte rançon.

À côté des groupes criminels et des réseaux d’officiels corrompus, nos équipes ont également découvert qu’à Lesbos, en Grèce, de nombreux commerçants sans scrupule ont transformé leur activité. Le restaurant traditionnel grec de la ville est ainsi devenu « Le Damas ». Le patron a même embauché un chef syrien et, sur ses tables, le taboulé a remplacé la salade grecque. De nouvelles agences de voyage proposent même leurs services en arabe. Et certains hôtels ont multiplié par trois le prix des chambres réservées aux migrants. Si l’île de Lesbos n’est plus la porte d´entrée principale en Europe, les réfugiés continuent à affluer (encore 766 le mois dernier). Et le business de la honte continue…

 

 

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