Jungle, cocaïne et révolution en Colombie

Jungle, cocaïne et révolution en Colombie : au cœur de la plus vieille guerilla du monde

Un reportage du 11 septembre 2016

Jungle, cocaïne et révolution en Colombie : au cœur de la plus vieille guerilla du monde

260 000 morts, 45 000 disparus, 8 millions de déplacés. Le conflit qui déchire la Colombie est l’un des plus sanglants et les plus destructeurs de la planète. C’est aussi l’un des plus anciens. Déjà plus d’un demi-siècle de combats entre les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie), une guérilla marxiste-léniniste qui a pris les armes en 1964, et l’armée colombienne.

Terroristes pour les uns, révolutionnaires pour les autres, les FARC sont prêts à tout pour financer leur guerre : kidnappings (des milliers d’otages retenus prisonniers dans la jungle, dont Ingrid Betancourt, libérée en 2008 après six ans et demi de captivité), vols et trafic de drogue.
Cachés dans la forêt et les montagnes, les 35 000 combattants des FARC multiplient les attaques contre l’État. Ils harcèlent les troupes régulières, terrorisent le pouvoir, les populations locales et les grands propriétaires terriens. Pour se défendre, ces derniers ont créé des milices privées de plusieurs milliers d’hommes (les « fameux » escadrons de la mort).

À feu et à sang depuis des décennies, ravagée par une guerre civile qui voit s’affronter combattants des FARC, armée régulière et groupes paramilitaires, la Colombie est peut-être aujourd’hui proche d’un accord de paix. Le 26 juin dernier, contre toute attente, le président colombien, Juan Manuel Santos et le leader des FARC, « Timochenko », ont signé un cessez-le-feu. Pour une paix durable ou juste une trêve ? Les deux ennemis historiques seront-ils enfin capables de s’entendre ? Difficile à dire, après toutes ces années de guerre… Certains chefs des FARC ont d’ores et déjà annoncé qu’ils continueraient la lutte armée.

Pour la première fois et pour Enquête Exclusive, le journaliste Ibar Aïbar a eu l’autorisation de filmer, au cœur de la jungle, un camp des FARC et de partager le quotidien de ses combattants. C’est l’un des bataillons d’élite de la guérilla, celui qui détenait les otages les plus monnayables, comme Ingrid Betancourt. Entraînements, propagande, opérations militaires sur le terrain, production et trafic de cocaïne, notre équipe a eu accès à tout. Les combattants, hommes et femmes (40% de guerilleras), se sont laissés filmer dans leur intimité et ont accepté de répondre librement à nos questions.

Nous avons aussi rencontré certaines de leurs victimes, d’anciens otages, détenus pendant des années dans des conditions inhumaines, enchaînés au fond de la jungle. Leurs confessions sont bouleversantes. Nous avons enfin filmé le retour à la civilisation de combattants, qui n’ont connu que la guerre et les camps. Ont-ils une chance de se réadapter à la société ?

Guerre en Colombie : derniers jours avec les FARC, un document exceptionnel et inédit sur l’un des conflits les plus meurtriers de notre époque…

 

 

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